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Son congrès fixé au 9 février : le RCD va « profondément changer ses statuts »

Le RCD a enfin pu trouver, après maintes contraintes, un endroit où tenir son cinquième congrès. Il aura lieu les 09 et 10 février prochains à l’hôtel Hilton, à Alger....

Son congrès fixé au 9 février : le RCD va « profondément changer ses statuts »
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Mounir Acef
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Le RCD a enfin pu trouver, après maintes contraintes, un endroit où tenir son cinquième congrès. Il aura lieu les 09 et 10 février prochains à l’hôtel Hilton, à Alger.

« Notre Rassemblement doit s’ouvrir à toutes les femmes et les hommes qui portent dans leur cœur un meilleur avenir pour notre Algérie. Il doit s’ouvrir pour offrir à notre jeunesse l’espace de liberté, de formation et de luttes pacifiques pour les droits et la justice….Notre cinquième congrès ordinaire, programmé pour les 09 et 10 février 2018 au Hilton d’Alger, doit être l’occasion d’une révision en profondeur de nos statuts », a annoncé vendredi, dans une allocution à l’ouverture du conseil national, le président du parti, Mohcine Belabbas.

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« Il s’agit d’introduire des mécanismes pour une meilleure implication des structures de bases dans la prise de décision ; de donner encore plus de place à la représentation féminine, de consolider le rôle des jeunes militants dans l’action et la réflexion et de créer les conditions d’une meilleure participation de notre communauté à l’étranger au renforcement de notre Rassemblement. Il s’agit aussi de créer un cadre de réflexion et d’action collectives pour les élus locaux. La majorité des candidats à la dernière élection ont montré une aptitude à l’action et à l’élaboration d’un discours politique qu’il faudra rentabiliser davantage en dehors des périodes électorales dans la structuration organique et l’animation politique. Il s’agit également de l’introduction de mécanismes statutaires pour la pérennisation d’une école de formation politique », a-t-il ajouté.

Belabbas poursuit en affirmant que « désormais, il s’agira de proposer des solutions adaptées aux principaux défis de notre société et d’apporter une réponse moderne à la vie politique de notre pays ».

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Le RCD entend ainsi se déployer à travers « des réformes organiques », des structures « qui reflètent la popularité réelle des positions et de l’engagement du parti », surtout que lors des dernières élections, s’il a pu noter des « avancées », a observé tout de même un « reflux » notamment dans la capitale « où la sociologie a changé de fond en comble depuis les années 90 ».

« Un parti ancré dans la société c’est aussi des perspectives. Depuis la création de notre Rassemblement, nous avons fait face à l’adversité du pouvoir avec sa police politique, à l’opportunisme politique et aux forces rétrogrades. L’acharnement contre nous était prévisible car notre projet propose au peuple algérien de changer les paradigmes de la gouvernance. Dans ce parcours de luttes, nous avons gagné une identité, des positions qui forcent le respect et une expérience que nous avons le devoir de transmettre. La fébrilité affichée par le Premier ministre lors de ses réponses impertinentes aux interventions de nos députés sur son plan d’action est à lire à l’aune de notre refus de résignation et/ou de soumission (…) » souligne Belabbas.

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Rappelant que les dernières élections ont eu « sur fond de luttes de sérail sur un après 2019 bouteflikien ou d’un autre candidat du système et dans cet océan de déraisons et d’irrationalités d’un pouvoir mu par sa seule survie pour perpétuer sa mainmise sur les richesses du pays », Mohcine Belabbas note que la « fraude » n’est pas seulement d’ordre technique.

« (…) À l’ombre de la répression et de la fermeture du champ médiatique, le pouvoir a malheureusement réussi à polluer le débat et à y aller à contre-courant des aspirations démocratiques », a-t-il dit.

À ce sujet, les expressions du genre « ils sont tous les mêmes pouvoir et opposition », « les jeunes sont dépolitisés, ils s’en foutent des combats politiques » ou bien « contester c’est faire prendre le risque au pays de sombrer dans la violence » …et j’en passe, sont produites dans les laboratoires du système en place. « Ces affirmations sont aujourd’hui constitutives du discours de très nombreux partis politiques qui se disent même d’opposition », critique-t-il.

« La fraude électorale n’est pas un problème technique qu’il s’agit de combattre et de détecter le jour du vote. C’est un processus qui vous handicape d’abord par la répression des activités politiques, puis par l’exclusion médiatique, souvent par l’infiltration de la police politique, ensuite par les triturations du fichier électoral, les entraves dans la confection des listes électorales…pour aboutir enfin à la falsification des résultats. Au même moment, les partis du pouvoir sont sponsorisés politiquement, médiatiquement et financièrement, et bénéficient même d’un apport de voix le jour du scrutin. Vous ne trouverez que ceux qui profitent de toutes ces forfaitures pour crier avec le pouvoir que la fraude électorale constitue des cas isolés », soutient-il encore.

Revenant sur toutes les offres politiques initiées par le parti en vue de rassembler les démocrates et les luttes menées pour la consécration de « l’identité algérienne » et en faveur des droits humains, le RCD note que le pouvoir est hostile à tout changement.

« L’entêtement du pouvoir à refuser de réunir les conditions pour que le peuple algérien s’exprime librement est une radicalité qui plombe le destin du pays. Ce refus n’est que l’œuvre des laboratoires des polices politiques qui recourent à la fabrication, l’usage et la promotion d’hommes de pailles pour perpétuer leurs ombres », assène Belabbas.

Mais, le RCD veut sauvegarder son autonomie. « Nous sommes des militants et militantes, et pour nous, le constat ne vaut que par l’action que nous entreprenons pour imposer le changement (…) Notre parti ne s’est pas constitué pour revendiquer une partie de la rente pour des régions, des franges sociales ou des segments de la société. Ceux qui ont fondé le RCD étaient porteurs d’un projet de société (…) Le préalable à la pérennité de ce projet et de cet idéal est la sauvegarde de notre autonomie. C’est cette autonomie qui nous a toujours permis et nous permet aujourd’hui encore de débattre, à égalité, sur tous les sujets de société et de notre organisation pour prendre des décisions », souligne Mohcine Bellabas.

Par ailleurs, dressant un constat amer de la situation générale du pays, il considère que la faillite financière illustre l’échec d’une gouvernance.

« Dans un pays normal, ce bilan qui sanctionne dans les faits toute la gestion depuis le début des années 2000 n’aurait pas donné lieu à un replâtrage par un simple changement de premier ministre, mais à une véritable révolution dans la gouvernance. Malheureusement, on n’est pas dans ce cas de figure, et c’est précisément ce qui nous motive pour combattre encore davantage un régime qui a dilapidé 1000 milliards de dollars pour aboutir à une dépendance alimentaire du pays à hauteur de 70%, une industrie qui végète à moins de 5% du Produit intérieur brut (moins qu’en 2001), et à un ministre du Tourisme qui se félicite et fait la Une des journaux au motif que 600 touristes étrangers auraient visité le Sud du pays en un mois », conclut Belabbas.

TSA +