Le Conseil constitutionnel a rendu publics, lundi 8 mai, les chiffres des législatives. Les données publiées montrent des écarts très importants avec ceux annoncés vendredi par le ministère de l’Intérieur. Le taux de participation est ramené de 37,09% à 35,37, soit près de deux points d’écart. Ce qui est considérable.
Mais l’écart le plus surprenant concerne le nombre de bulletins nuls. Il est ramené à 1.757.043 par le Conseil constitutionnel, soit une différence de 352.874 bulletins par rapport à ceux annoncés par le ministre de l’Intérieur.

A lire aussi : Crise France – Algérie : les critiques de l’homme d’affaires Matthieu Pigasse
Les services du département de Bedoui se sont trompés également dans le nombre de votants avec un écart de 398.976 entre leur chiffre (8.624.199) et celui du Conseil constitutionnel (8.225.223). Seul le chiffre du nombre d’inscrits n’a pas subi de modification (23.251.503).

Dans les pays développés, comme la France par exemple, les résultats des élections sont annoncés avec une grande précision par les instituts de sondage dès la fin des opérations de vote. Le ministère de l’Intérieur donne des résultats très précis quelques heures après.
A lire aussi : Liban : un influenceur algérien arrêté pour “espionnage” puis relâché
Les écarts entre les chiffres du ministère de l’Intérieur et ceux du Conseil constitutionnel sont tellement importants qu’ils auraient pu modifier l’élection. L’erreur sur les bulletins nuls est presque équivalente au score obtenu par l’Alliance HMS (393.632). Elle est supérieure aux scores de tous les autres partis, exceptés le FLN et le RND.
Le ministère de l’Intérieur dispose d’un budget colossal et emploie des milliers de personnes à travers le pays, entre fonctionnaires civils et policiers. Il a dépensé des sommes importantes dans la « modernisation » et la numérisation de ses services. Mais il a été incapable d’effectuer une opération que de simples instituts de sondages font depuis des dizaines d’années à travers le monde : fournir les bons chiffres de l’élection.
A lire aussi : Musulmans en France : Karim Zéribi dénonce un deux poids, deux mesures
