La crise entre l’Algérie et le Mali s’aggrave avec la décision de la junte militaire au pouvoir à Bamako de mettre fin, d’une façon unilatérale, à l’Accord de paix d’Alger.
Le pouvoir malien a annoncé jeudi soir sa décision de dénoncer cet accord avec « effet immédiat », et accusé l’Algérie d’actes hostiles à l’égard de son voisin du sud.

A lire aussi : L’Algérie expulse des agents français, Amine Gouiri, France – Maroc, Amoura, DJ Snake : 5 infos à retenir
Signé en 2015, l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger a déjà reçu un premier coup dur après la reprise des hostilités entre l’armée malienne et les groupes rebelles du nord.

La reprise de Kidal en novembre dernier par les militaires maliens avec le soutien de la milice russe Wagner a rendu cet accord caduc.
A lire aussi : En bref : Algérie – Mauritanie, voile en France, Maroc, Benzema – Khoudri,
Jeudi, la junte au pouvoir au Mali a donné le coup de grâce à cet accord auquel tenaient l’Algérie et d’autres pays dont la France, en l’enterrant définitivement.
Dans un communiqué lu à la télévision jeudi soir par le colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole de la junte, le gouvernement malien « constate l’inapplicabilité absolue » de l’Accord d’Alger et, par « conséquent, annonce sa fin, avec effet immédiat ».
A lire aussi : Explosion à la gare centrale de Bruxelles, un homme abattu
Pour justifier cette décision qui aggrave la crise malienne, le pouvoir malien a cité notamment « le changement de posture de certains groupes signataires » de cet accord ainsi que « les actes d’hostilité et d’instrumentalisation de l’accord de la part des autorités algériennes, dont le pays est le chef de file de la médiation ».
La junte militaire au pouvoir au Mali reproche à l’Algérie « d’héberger des bureaux de représentation » de certains groupes signataires de l’accord de 2015. Pour lui, ces groupes sont devenus « des acteurs terroristes ».
L’annonce de la dénonciation de l’accord d’Alger par Bamako survient dans un contexte de tensions entre les deux pays et de dégradation de la situation dans le nord du pays. Fin décembre, l’Algérie et le Mali ont rappelé leurs ambassadeurs respectifs après la décision de Bamako de convoquer l’ambassadeur algérien.
Le Mali a reproché aux autorités algériennes d’avoir reçu quelques jours plutôt des groupes rebelles et le chef de la confrérie Kountia, Mahmoud Dicko, qu’il accuse de « connivence » avec des terroristes.
